L’avantage en nature véhicule a changé de visage depuis le 1er février 2025. L’arrêté du 25 février 2025 a rehaussé les forfaits d’évaluation. Pour un salarié qui négocie son package en 2026, accepter une voiture de fonction ne relève plus du réflexe : c’est un calcul à refaire de zéro.
Forfait d’évaluation 2026 : ce qui a réellement changé pour le véhicule thermique
Avant février 2025, le forfait annuel pour un véhicule acheté de moins de cinq ans s’établissait à 9 % du prix d’achat (sans prise en charge du carburant). Depuis cette date, pour tout véhicule thermique mis à disposition, le taux forfaitaire passe à 15 % du coût d’acquisition. Si l’employeur prend en charge le carburant, le taux grimpe à 20 %.
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Traduit en bulletin de paie, cela signifie que le montant réintégré dans l’assiette de cotisations sociales et dans le revenu imposable du salarié augmente dans les mêmes proportions. Le gain perçu (disposer d’une voiture sans la payer) se réduit mécaniquement face à la charge fiscale et sociale supplémentaire.
Pour les véhicules attribués avant le 1er février 2025, l’ancien barème continue de s’appliquer. Le salarié qui dispose déjà d’un véhicule de fonction thermique n’est donc pas concerné, tant que le véhicule n’est pas remplacé.
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Avantage en nature véhicule électrique : un régime qui reste protecteur jusqu’en 2027
Le contraste avec les motorisations électriques est net. Les véhicules 100 % électriques mis à disposition bénéficient d’un abattement de 70 % sur l’avantage en nature, et les frais d’électricité sont exclus du calcul. Ce régime favorable est maintenu jusqu’au 31 décembre 2027.
En pratique, un salarié qui accepte un véhicule électrique de fonction voit un avantage en nature résiduel très faible sur sa fiche de paie. La distorsion avec le thermique est devenue telle que l’arbitrage motorisation conditionne désormais l’intérêt même de la voiture de fonction.
Conditions pour profiter de l’abattement
- Le véhicule doit être 100 % électrique (les hybrides rechargeables ne bénéficient pas du même régime)
- La mise à disposition doit intervenir à compter du 1er février 2025 pour relever du nouveau barème avec abattement renforcé
- L’abattement s’applique aussi bien en méthode forfaitaire qu’en évaluation sur dépenses réelles
- La borne de recharge installée au domicile du salarié par l’employeur est exclue de l’évaluation de l’avantage en nature sous certaines conditions
Le dispositif a une date de fin. Passé 2027, rien ne garantit le maintien de l’abattement à ce niveau. Accepter un véhicule électrique de fonction aujourd’hui reste avantageux, mais la visibilité ne dépasse pas deux ans.
Coût global pour l’entreprise et marge de négociation du salarié
L’augmentation des forfaits ne pèse pas uniquement sur le salarié. L’employeur subit un relèvement de l’assiette de cotisations patronales sur le même montant. Certaines entreprises ont commencé à revoir leur politique de flotte, en arbitrant entre plusieurs options : réduction du catalogue de véhicules proposés, bascule vers l’électrique, ou remplacement pur et simple de la voiture de fonction par une indemnité kilométrique ou un budget mobilité.
Pour le salarié, cela ouvre un levier de négociation concret. Si l’entreprise propose un véhicule thermique, il est légitime de demander une simulation comparative : quel serait le coût net (impôt sur le revenu et cotisations salariales) par rapport à une augmentation de salaire brut équivalente, ou par rapport à un forfait mobilité durable ?
Méthode forfaitaire ou dépenses réelles : le choix qui reste
L’employeur peut toujours opter pour l’évaluation aux dépenses réelles plutôt que le forfait. Cette méthode consiste à prendre le coût annuel réel du véhicule (amortissement, assurance, entretien) et à appliquer le ratio d’utilisation privée du salarié.
Dans certains cas, notamment quand le salarié utilise peu le véhicule à titre personnel, les dépenses réelles aboutissent à un avantage en nature inférieur au forfait. Le calcul dépend du kilométrage privé effectif. Demander à l’employeur de simuler les deux méthodes avant d’accepter la voiture permet d’éviter une mauvaise surprise sur le bulletin de paie.

Accepter ou refuser la voiture de fonction en 2026 : les critères de décision
La réponse dépend de trois variables que chaque salarié doit évaluer dans sa propre situation.
La motorisation proposée change tout. Un véhicule électrique de fonction reste fiscalement attractif grâce à l’abattement de 70 %. Un véhicule thermique, en revanche, génère un avantage en nature nettement plus lourd qu’avant février 2025, ce qui réduit le salaire net disponible.
Le deuxième critère concerne l’usage réel. Un salarié qui roule beaucoup à titre privé tire davantage de valeur d’un véhicule de fonction (assurance, entretien, carburant ou recharge pris en charge). Un salarié urbain, peu mobile le week-end, paie un avantage en nature pour un usage marginal.
Le troisième critère concerne les alternatives proposées par l’employeur. Le forfait mobilité durable ou le budget mobilité ne génèrent pas d’avantage en nature dans les mêmes proportions, et certains dispositifs bénéficient d’exonérations spécifiques. Si l’entreprise propose une alternative crédible, elle mérite d’être comparée chiffre contre chiffre.
- Demander une simulation sur les deux méthodes d’évaluation (forfait et dépenses réelles) avant de signer
- Vérifier si l’entreprise propose un véhicule électrique éligible à l’abattement de 70 %
- Comparer le coût net annuel de la voiture de fonction avec une augmentation brute équivalente ou un budget mobilité
La voiture de fonction n’a pas disparu du paysage de la rémunération. Le nouveau barème de l’avantage en nature véhicule la rend simplement moins automatique. Pour un véhicule thermique mis à disposition après février 2025, la charge fiscale et sociale supplémentaire peut absorber une part significative de l’avantage perçu.
Pour un véhicule électrique, le calcul reste favorable au moins jusqu’à fin 2027. La bonne question n’est plus « faut-il accepter une voiture de fonction », mais « à quelle motorisation et sous quelle méthode d’évaluation ».

